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12. Charlemagne, les Basques, et
les "ennemis" de Dieu.
(Charlemagne oublie sa religion, pourtant prétexte à ses
conquêtes, dès qu’il s’agit d’alliances qui lui sont favorables.
Le peuple Basque est combattu sans vergogne bien que chrétien. L’histoire
n’a retenu que la Chanson de Roland et pas son équivalent basque.)
Français et Allemands se disputent
Charlemagne (pauvre Vercingétorix!). C’est vrai pour toute la France.
En Allemagne, par contre, seule la région de Cologne et Aix-la-Chapelle,
et surtout pas les Saxons, qui l'ont fait passer dans leur Histoire avec
l'apposition de "Sachsenschlachter" (boucher de Saxons). Il tua leurs ancêtres
pour leur apprendre à mourir chrétiens, disait-on. Il s'agissait,
en réalité, de conquêtes à "christianiser".
En France il est Saint Charlemagne,
patron des écoles pour avoir fait venir d'Irlande des moines dans
le but d’enseigner l'A.B.C. à ses nobles, tous analphabètes.
Il est vrai, qu'en ces temps-là, l'Irlande était le seul
pays d'Europe occidentale ayant des gens capables au moins de lire la Bible.
Charlemagne ayant terminé la "pacification" des
Saxons, il célébrait sa victoire sur Widukind au Champ de
Mai de Paderborn, en 777. Arrivèrent alors deux Arabes - Kassim
ben Youssef et Ben al-Arabi. Ils étaient envoyés par Youssouf-al-Fahri,
gendre du Khalife abbasside de Bagdad Haroun Al-Rachid. Ce dernier
était l’ami de Charlemagne. Youssouf-al-Fahri était un roitelet
arabe abbasside, régnant sur la province d'Aragon, et ses ambassadeurs
venaient à Paderborn solliciter l'aide de Charlemagne contre le
Khalife omeyade de Cordoba Abd-er-Rahman. Les deux Khalifes (abbasside
à Bagdad, omeyade à Cordoba) étaient bien des
frères en Mahomet, mais des ennemis mortels pour les affaires terrestres.
De même, Charlemagne était bien frère en Jésus
Christ de l'Empereur de Byzance (le schisme avec les orthodoxes n’aura
lieu que 250 ans plus tard); il était surtout allié de l'ennemi
de Dieu Haroun Al-Rachid, parce que Byzance était concurrent de
l'Empire Carolingien en même temps que du Khalifat de Bagdad.
L'arrivée des deux frères
musulmans, et surtout leur mission, fut considérée par Charlemagne
comme une aubaine. Une aubaine, car après avoir conquis des terres
sur Widukind, pour les "christianiser" sans aucune autre arrière-pensée
conquérante(?), voilà que maintenant ce diable
de Prophète d'Allah lui envoie l'occasion d'en acquérir de
l'autre côté des Pyrénées en se battant aux
côtés d'une faction "d'Infidèles" contre l'autre. Mais
les "Infidèles" n'étaient pas des Saxons. Quand ils l'ont
vu arriver, ils préférèrent se passer de son concours
en se rendant compte que l'Empereur à la barbe fleurie venait travailler
pour son propre compte. Lorsque Saint Charlemagne s’aperçut qu'avec
les Arabes cela ne serait pas aussi simple qu’avec les Saxons, en homme
très intelligent qu'il était, il fit ce qu'il y avait de
mieux : prendre le chemin du retour. Sur ce chemin se trouvait un peuple
qui n'était ni "Infidèle" arabe, ni "païen" Saxon, mais
christianissime Basque, chrétien depuis plusieurs siècles.
Cela n'empêcha pas l'Empereur christianisateur de se comporter en
hôte mal élevé. Alors quelle épopée,
ah mes aïeux! Le Grand Empereur et ses vaillants Preux, Roland et
sa Durandal. Chantez poètes tricolores, chantez Roncevaux! Gloire
aux grands Francs agresseurs des petits Basques. Elle est belle la Chanson
de Roland, quel lyrisme! mais pourquoi ne pas faire connaître aussi,
en même temps, la Geste Basque sur Charlemagne et ses Preux? Il y
a eu en effet une autre "Chanson", non sur Roland mais sur les Escaldounacs.
Pas une "chanson" à la gloire des agresseurs mais une Geste à
la gloire des "petits", agressés par les "grands". Écoutez-la :
ALTABIZAREM CANTOUA
"Un cri ébranla les montagnes des Escaldounacs, et
l'Etchéco-Jauna dit : Qu'est-ce cela?...Qu'avaient-ils à faire
en nos montagnes, ces fils du Nord? Pourquoi sont-ils venus troubler notre
paix?...Fuyez, fuyez ceux qui ont encore conservé des forces et
un cheval! Fuis, roi Charlemagne, avec tes plumes noires et ton manteau
vermeille. Ton neveu, ton plus brave, ton cher Roland gît étendu
là-bas. Sa bravoure ne lui a servi de rien. Et maintenant Escaldounacs,
laissons les roches, descendons vite lançant des flèches
sur les fugitifs..."(1)
Malheureusement cette Geste fut
traduite par moi de l'espagnol et pas de l'original. Elle est si intéressante!
aussi authentique que la Chanson de Roland qui jouit d'un prestige international.
Pourquoi l'ignore-t-on?...
BASILE Y.
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1/.Cité par Modesto Lafuente, tome II, page 179.
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