|
13. Comment la France est devenue
Fille Aînée de l'Eglise.
(La France est devenue Fille Aînée de l’Eglise par la conversion de
Clovis. Ce ne fut pas un acte de foi mais une décision intéressée
de la part d’un sanguinaire conquérant.)
Trois tribus germaniques s'étaient
abattues sur la malheureuse Gaule : les Burgondes (les moins sauvages),
les Francs (les sauvages moyens), et les Wisigoths que les Espagnols appellent
"Godos", mot qui est devenu un péjoratif à leur adresse chez les
Indiens d'Amérique du Sud en souvenir des conquistadores.
Quand on veut y insulter un Espagnol on l'appelle "Godo".
Au Vme siècle, la loi germanique
de démocratie militaire (voir historiette 11) fit place à
la monarchie héréditaire chez les "rois chevelus", comme
on appelait les Mérovingiens. Chez ces "chevelus" naquit alors un
enfant prodige nommé CHLODWIG (de Chlodwig on a fait Ludwig, et
de Ludovic Louis). Chlodwig, Clovis pour l'Histoire de France (les Français
ne sont pas tout à fait des Germains puisqu'ils sont des "Gaulois";
même leurs cigarettes sont des "Gauloises"). Ce Clovis donc, fils
de Childéric et petit-fils de Mérovée (un des vainqueurs
d'Attila), ambitionne de ne pas rester un roitelet Salien de Tournai et
de Flandre, mais un grand roi de tous les Francs, en éliminant de
ce Monde tous les roitelets Francs qui se trouvaient au travers de
son chemin royal.
Il se pratiquait alors trois religions
en Europe : la Catholique Apostolique et Romaine, celle de l'hérétique
Arius, et celle de Chlodwig qui était la religion du Dieu Odim (il
s'appelait Wotan chez les Teutons, cousins germains des Francs). Il n'y
avait pas en Europe occidentale un seul roi chrétien important
qui fusse catholique apostolique et romain. Il n'y avait que des rois barbares de la
religion du Dieu Odim ou du Dieu d'Arius. Le Dieu d'Arius était bien
le Dieu des chrétiens, mais pas pensé comme l'est celui de
l'Eglise de Rome et de la Grèce, où il est triple, c'est
à dire un seul Dieu en trois : la Sainte Trinité. Arius, au
contraire, ne reconnaissait pas le Christ comme une part du Dieu
Unique.
Les Wisigoths étant des ariens,
ils étaient donc des ennemis du Dieu Catholique de Clotilde, épouse
d'origine Burgonde de Clovis. Elle est devenue Sainte Clotilde pour avoir
réussi, avec l'aide du bon Saint Remi, évêque de Reims,
à faire passer son époux de la religion du faux dieu Odim
à celle du vrai Dieu de l'Eglise de Rome. Par cette éclatante
conversion, Clovis fut le premier, et à son époque l'unique,
roi d'Europe occidentale à défendre la Foi de l'Eglise de
Rome contre les ennemis de Dieu. En récompense de cette conversion
historique (et de son unicité), on l'appela Fils Unique de l'Eglise,
et par conséquent la France, "Fille Aînée de l'Eglise
de Rome".
Clovis était roublard comme
un Franc. Peu lui importait quel Dieu, pourvu que ce fut un qui l'aide
mieux que les autres sur les champs de bataille. Odin était bien
un tel Dieu, mais Sainte Clotilde l'avait persuadé que le Dieu des
chrétiens était plus fort que Odin. En ces temps-là,
sous le règne de la violence, c'était le plus fort qui avait
raison, était respecté et honoré (les temps
n'ont pas vraiment chargé). C’est pour cela, qu’après avoir
fendus le crâne d'un de ses guerriers en lui rappelant "le Vase de
Soissons", il commença à être craint par ses pairs
et par conséquent à être honoré. Plus il fendait
de crânes davantage il l'était. Devenu Fils Unique de l'Eglise,
il voulut devenir aussi Roi Unique des Francs. Il fallut donc qu'il envoie
en Enfer tous les roitelets de sa tribu. Il commença par le roi
des Ripuaires qu'il fit occire par le propre fils de celui-ci, lui promettant
pour récompense de l'aider à remplacer son père assassiné.
Une fois le père occis, il fit tuer à son tour le parricide
pour se faire proclamer roi des Ripuaires à Cologne. Vint ensuite
le tour du roi Franc de Picardie dont il fit couper la tête ainsi
que celle de son fils héritier afin qu'il n'y ait plus de prétendant.
Puis ce fut le tour du Roi Franc de Cambrai, dont Clovis en personne fendit
le crâne à coup de hache. Débarrassé enfin également
du roi du Maine, il ne restait plus d'autre branche verte de l'arbre mérovingien
que la sienne. Il resta ainsi Unique roi des Francs comme Unique Fils de
l'Eglise. Il fut d’ailleurs très généreux envers elle
puisqu'une partie des dépouilles des rois Francs envoyés
chez Odim lui servit à construire des églises et des monastères
chrétiens, faisant ainsi concurrence aux Wisigoths "bâtisseurs
de Cathédrales". C’est drôle que l'on n'ait jamais demandé
au bon Dieu s'il ne préférait pas les huttes des pauvres
chrétiens aux Cathédrales Gothiques, toujours bâties
pour lui demander quelque chose en échange...
Contrairement aux Gaulois qui n'étaient
pas très vindicatifs, les Francs l'étaient à outrance
(comme tous les Germains et leurs cousins les Hellènes, tels qu'Homère
nous les dépeint). Clovis se vengea du "Vase de Soissons". Sa femme
Sainte Clotilde se vengea, 50 ans après, de l'assassinat de son
père et de sa mère par son oncle Gondebaud, roi des Burgondes
(Sainte Clotilde était Burgonde). Elle se vengea sur l'un des deux
fils de celui-ci (l'autre échappa à sa vengeance) par la
main vengeresse de son fils aîné Clodomir, qui réussit
à le tuer en le jetant lui, sa femme et ses enfants dans un puits.
Sainte Clotilde, Sainte Némésis!
Clovis n'était pas un Romain
mais il avait quelque chose de commun avec l'Empereur Romain Constantin
le Grand, Saint Constantin pour les néo-Hellènes. Celui-ci
avait renié son Dieu Soleil (Sol Invictus) pour gagner les faveurs
des chrétiens d'Orient, seul moyen de sauver son Empire en déroute.
Clovis abandonna son Dieu Odim et le Walhalla pour le Dieu des chrétiens,
seul moyen pour se bâtir un grand royaume. Ce furent les promesses
du bon Saint Remi et de la mauvaise Sainte Clotilde - le Christ l'aiderait
mieux à gagner ses batailles - qui le décidèrent à
devenir chrétien. Une fois baptisé, il fit baptiser à
la chaîne tous ses guerriers, les haranguant par la suite de ces
mots :
"Je supporte avec grand chagrin que ces Goths
ariens possèdent une excellente partie des Gaules : allons, avec
l'aide de Dieu, nous les vaincrons, et nous réduirons leur terre
en notre puissance."(1)
Tous comprirent qu'avec le Dieu de
l’Église de Rome on gagnerait plus facilement les Gaulois catholiques
contre les Wisigoths, ariens, donc ennemis de Dieu. De cette façon,
il n'y aurait dans le royaume qu'Un Roi, une Foi. Pauvres Gaulois!!
"Les Gaulois méridionaux, qui avaient
appelé les Francs de leurs voeux, eurent à s'en repentir,
car les Francs saccagèrent toutes les campagnes jusqu'à la
Garonne."(1)
On comprend mieux, maintenant, le penchant
des Français pour leurs ancêtres Gaulois. Après tout,
ce n'est pas une prétention sans fondement. La Gaule était
bien peuplée quand arrivèrent les trois tribus de Francs,
qui, à travers les siècles, se noyèrent dans la masse
gauloise et se "latinisèrent" par une religion "latine".
En ma qualité de néo-Hellène
il me plait de finir cette historiette on ajoutant que chez-moi on ne dit pas
"La France", mais La Gaule, Gallia, et on le dit en général
avec sympathie. Par contre, le mot Franc (Frangos) est abhorré depuis
les Croisades contre l'Infidèle, dont la IVme fut une boucherie,
avec viols et pillages, des Grecs de Constantinople. Cinq ans après,
commençait celle contre les Albigeois... très riches.
BASILE Y.
Précédent | Sommaire
| Suivant
1/. Henri MARTIN, HISTOIRE DE FRANCE, éd. Jouvet
& Cie, Paris, t. I, p.60. Retour ^
|