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19. Charles Martel et la Dissuasion
Nucléaire.
(Charles Martel est souvent présenté comme sauveur de notre civilisation,
alors qu'il ne laissa que des souvenirs de destructions dans le Sud de la France.)
A l'occasion de controverses
sur l'utilité ou les inconvénients des armes atomiques pour
la France - afin de démontrer le besoin impératif pour la
Nation de posséder une "masse d'armes" – on put lire dans un journal
à grand tirage :
"Moi, je préfère Charles Martel
qui, par sa victoire de Poitiers gagnée à coup de masse d'armes,
a définitivement arrêté le flot musulman qui allait
submerger la France."
Cependant, je pensai en lisant cela : qui
devrait surtout honorer Charles Martel? les chrétiens ou les musulmans?
D'après l'historien allemand Johannes Haller, il n'y a pas eu, en
réalité, de véritable christianisation des Germains,
mais une germanisation du christianisme. Par "germanisation", il n'entend
pas "allemanisation", mais occidentalisation en général(1).
Ainsi, Charles Martel n'a pas historiquement sauvé l'Europe du danger
musulman, comme on le prétend habituellement, mais, pour moi, il
a préservé l'Islam de sa germanisation. Ce seraient donc
les musulmans qui devraient lui être reconnaissants. En effet, grâce
à Charles Martel, Mahomet n'a pu être dénaturé
en Europe. Par contre, pauvre, doux Jésus de Nazareth, que de crimes
n'a-t-on commis en ton nom! les Croisés, les Conquistadores, les
"Pacificateurs" de la "mission civilisatrice"... et j'en passe.
Mais la question n'est pas là.
C'est que ce Charles Martel n'était pas "très catholique"
comme chrétien. L'auteur de l'article avait donc mal choisi son
modèle. L'historien qui a écrit les lignes qui suivent n'était
ni musulman, ni hérétique, ni schismatique, cependant, on
lit sous sa plume :
"Le Duc d'Austrasie se montrait plus barbare
envers les chrétiens qu'aucun des généraux musulmans
qui avaient envahi le pays. Ainsi, le souvenir et la haine de l'invasion
de Charles Martel vécurent en Septimanie plus longtemps que le souvenir
et la haine de l'occupant sarrasin."(2)
Un autre historien chrétien, espagnol catholique apostolique
et romain, écrit de son côté :
"Marseille, Arles, Avignon, Nîmes, Béziers,
Narbonne, toutes les villes du Sud de la Gaule furent le théâtre
des dévastations du féroce Charles Martel, qui, dans sa fureur
destructrice... etc., etc.,"(3)
BASILE Y.
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1/. J.Haller, PAPSTTUM, IDEE UND WIRKLICHKEIT, RoRoRo 1965,
t.II, page 326. Retour ^
2/. Sainte Hilaire, HISTOIRE D'ESPAGNE, Livre II, chapitre IV. Retour ^
3/. Modesto Lafuente, HISTORIA GENERAL DE ESPAÑA,1887,
t. II, p.p.150-151. Retour ^
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