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3. Un médecin juif refusé
à la Cour de François 1er...
parce qu'il ne voulait plus être juif.
(L'inefficacité de la médecine chrétienne à la Renaissance :
François 1er exige un vrai médecin juif.)
A en croire des plumes tricolores,
François 1er serait d'abord le héros de Marignan, où il
écrasa des petits Suisses. Pour les Espagnols il fut surtout le prisonnier
de Pavie, où il fut écrasé à son tour par Charles
Quint. Cette captivité scella cependant une "amitié"
entre ces deux Monarques (les loups ne se mangent pas entre eux), quoique
de brève durée, car s’ils ne se mangent pas, ils
se disputent toujours la priorité à manger les autres.
Du temps de François 1er les
médecins étaient, en France (comme dans tout le reste de l'Europe
au Nord des Pyrénées), pire que les Diafoirus de Molière
qui se servaient au moins de clystères et de saignées, traitements
qui en certaines circonstances pouvaient être bénéfiques.
Du temps de François 1er, en matière de médecine
on ne connaissait que les exorcismes et l'eau bénite. Les seuls
médecins de l'Europe d'alors, respectueux de l'Art d'Hippocrate
(un Art qu'ils ne se contentèrent pas de respecter mais qu'ils
développèrent à un niveau supérieur), étaient
les Juifs et leurs amis les Arabes d'Espagne. Naturellement, les exorcismes
et l'eau bénite étaient pour les manants ; les rois, les hauts
prélats, la noblesse, avaient tous des médecins juifs à
leur service. Cependant, les médecins de François 1er, même
juifs, n'arrivaient pas à guérir son mal. Il pensa alors
qu'un médecin juif d'Espagne aurait plus de succès. Il
écrit donc à son "ami", Charles Quint de l'Empire Germanique en même
temps que Charles 1er des Espagnes, pour le prier de lui envoyer un bon
médecin, c'est à dire un médecin juif. L'article en
question étant en ces temps encore abondant en Espagne, le vainqueur
de Pavie se fit le plaisir de rendre ce service au vainqueur
de Marignan, en lui en envoyant un des meilleurs de son royaume. Or, écrit
l'historien espagnol Americo Castro(1),ce médecin était
un de ces Juifs, dont les parents, pour échapper aux fagots ardents
de la miséricorde chrétienne, s'étaient fait baptiser
pour appartenir désormais à cette catégorie de sujets
de Leurs Très Catholiques Majestés, qu'on appelait alors
"Nouveaux Chrétiens".
Arrivé à la Cour de
François 1er, notre médecin juif "Nouveau Chrétien"
s'y présente muni de ses lettres de créances. Ces lettres
de créance ne mentionnant pas sa qualité de Juif, on lui
pose la question indiscrète pour savoir s'il était bien
Juif. Notre médecin (un vrai, pas un Diafoirus) se drape
alors dans toute sa dignité de Nouveau Chrétien, et répond
indigné qu'il était Chrétien. Sur ce, retour à
l'envoyeur, car François 1er voulant un vrai médecin, cela
ne pouvait pas être un Chrétien. Le vaincu de Pavie crut
que Charles Quint lui jouait un tour.
Finalement, pour avoir un vrai médecin, il s'adresse
à son ami (parce qu'aussi ennemi de Charles Quint),
le Sultan d'Istanbul Soliman le Magnifique, lui spécifiant
que ce médecin ne devait surtout pas être chrétien.
Aux dernières nouvelles, Dieu
le Père nous fait savoir que François 1er paie depuis 1547 son
outrecuidance anti-chrétienne, surchauffé aux Super Fours de
Lucifer.
BASILE Y.
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1/. REALIDAD HISTORICA DE ESPAÑA, ediciones Porus,
Mexico 1954, page 449. Retour ^
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