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6. Comment Dieu punit l'Impertinence
d'un médecin byzantin.
(La naissance de l'obscurantisme chrétien à Byzance : il ne faut pas soigner
les malades, dieu seul détermine leur destin.)
Les Byzantins, avant d'être
chrétiens, puis devenus chrétiens
des catacombes, soignaient leurs malades avec le respect de l'Art
d'Hippocrate. Sitôt sortis de leurs Kryptireia et acceptés comme membres de
la Religion officielle des Empereurs, ils remplacèrent
la médecine rationnelle par des amulettes. Celles-ci étaient confectionnées
avec de la sueur qu'ils recueillaient des corps des saints Stylites(1)
mêlée à de la poussière miraculeuse bénie
par des popes. "Ces amulettes étaient leur remède le plus
puissant en matière de pharmacopée"(2) écrit
un historien anglais.
Tout au début de cet Empire
romain de l'Est fondé par Constantin le Grand, et avant que les
popes des empereurs (qui n'étaient plus les prêtres du Christ
réfugiés dans les catacombes) commencent à l'"éclairer"
avec leurs dissertations sur le sexe des Anges, il y avait encore des médecins
à Byzance. Voici cependant comment Dieu aurait puni un de ces médecins,
assez effronté pour avoir eu l'audace de vouloir soigner ses malades
sans amulettes, en s'inspirant des profanations du païen Hippocrate.
Passons la plume à Norman H.Baynes, qui en page 23 de son
ouvrage déjà cité ci haut écrit :
"Au IVme siècle de notre ère
Constantinople était affligée par la peste, et grand nombre
de citoyens en mouraient quotidiennement. Un médecin de la capitale
trouva que la mortalité était proportionnellement plus grande
parmi les artisans pauvres vivant dans les sous-sols, et exprima sa conviction
que cela était dû au manque d'air pur en ces pièces
souterraines."
"Constantinople fut choquée. "Blasphème!"
cria-t-on. "La mort d'un homme est déterminée par Dieu
et la question de l'air ne prouve rien, c'est de l'impertinence". Le
médecin continua à soigner malgré tout les malades pauvres, et
à force, attrapa lui aussi l'infection. L'Orthodoxie triomphait!
Sa mort était le jugement du Ciel pour son blasphème."
Voilà ce qu'engendra le départ
des catacombes : de prêtres du Christ, ils devinrent prêtres
de l'Empereur de Byzance. Ce médecin, puni pour son impertinence,
était un ennemi de Dieu parce qu'il faisait concurrence aux marchands
d'amulettes. A Byzance on avait remplacé petit à petit la
médecine d'Hippocrate par des amulettes, mais on construisait par
contre de merveilleuses Basiliques. La plus belle de ces Basiliques fut
celle de Sainte Sophie (Haghia Sophia, Sainte Sagesse en grec). Son inauguration
au milieu du VIme siècle par son bâtisseur, l'Empereur Justinien,
avait été synchronisée en "sagesse" avec la fermeture
de l'Université d'Athènes! Celle-ci n'était ni plus ni moins
que l'Académie fondée par Platon! On la fermait pour la punir
de son impertinence à vouloir continuer à enseigner des "sciences
profanes ", entre autres l'Art d'Hippocrate.
Ses professeurs se réfugièrent
alors au Proche Orient, dispersés entre la Perse et l'Egypte. Ils
fondèrent des écoles partout, et surtout en Perse à Gundeshâpuhr.
Le Khalife de Bagdad al-Mamoun y invita plus tard leurs
disciples à s'installer en sa capitale et y fît
bâtir pour eux une majestueuse, non pas Basilique mais "Maison
de la Sagesse" (Bait-al-Hikma). Ce n'était pas une sainte Sagesse,
mais une Sagesse savante qu'al-Mamoun fit bâtir en 832, pour
la Renaissance de ce qu'Ernest Renan appela de son temps "Le
Miracle Grec". Bait-al-Hikma eut un grand succès dû à
la collaboration fraternelle de savants arabes (musulmans et chrétiens)
et Juifs hellénisants et/ou arabisants, du sein de laquelle les
seuls absents étaient les Grecs byzantins. Il est vrai qu'ils étaient
occupés à chanter les Psaumes de David à Sainte Sophie,
la Sainte Sagesse de l'empereur, qui n'avait pas besoin en sa capitale
d’impertinents médecins, sauf pour lui-même, ses archontes
et ses évêques.
Tout cela est d'ailleurs une preuve
supplémentaire de ce que nous sommes la seule civilisation digne
de ce nom(!?). Nous ne sommes ni des cannibales nègres, ni
des Zoulous ou des Sénégalais, avec leurs Grigris et leurs
sorciers(!?). Nos amulettes à nous étaient des vraies, faites avec de la vraie
sueur de vrais saints anachorètes.
BASILE Y.
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1/. Il s'agissait de moines anachorètes (solitaires) dont les
cellules étaient installées au-dessus des portes d'enceinte de Constantinople, et
où l'on s'y rendait pour recueillir patiemment quelques gouttes de leur sueur. Retour ^
2/. Norman H.Baynes, THE BYZANTINE EMPIRE, Oxford University
Press,Londres 1962, page 23. Retour ^
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