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EUROPE ET MONDE ARABE.
INTRODUCTION :
Les deux civilisations.
Comme la nôtre, creuset dans lequel vinrent se fondre de multiples
nations, l'Islam est une civilisation au développement de laquelle
ont contribué de nombreux peuples. Ni la nôtre saurait être
appelée "hellénique" parce qu'elle a vu le jour avec les
longues épées des Achéens, ni celle de l'Islam peut
être appelée "arabe" parce qu'elle est née avec les
Yatagans des Quraychites.
Comme chez la nôtre, où Saint Paul commença
sa carrière en persécuteur pour finir en forgeron du christianisme,
le Khalife Omar I, principal fondateur de l'Islam, après Muhammad
ibn Abdallah (Mahomet), commença la sienne en courant, épée
à la main, à la recherche de ce dernier, pour lui trancher
la tête comme profanateur des dieux quraychites de sa Tribu. L'élan
du païen Omar se transforma en une conversion des plus éclatante
à la religion du Prophète d'Allah, de la même façon
que Saint Paul finit par se donner au Christ sur le Chemin de Damas.
Comme la nôtre, la civilisation islamique commença
par des effusions de sang. Aux Arabes, fondateurs de l'Islam dans la première
moitié du VIIe siècle de notre ère, il
fallut trois siècles pour s'assagir. Ils furent alors fatigués
de se battre, et devinrent progressivement les sujets des peuples qu'ils
avaient d'abord islamisés.
Les Turcs prirent la relève, les Mongols les suivirent.
Les uns comme les autres firent au nom de l'Islam des conquêtes et
des hécatombes dignes du plus féroce des animaux qu'est l'homme
sur cette Terre. Au bout de quelques siècles leur agressivité
s'estompa - y a-t-il aujourd'hui sur notre planète un peuple plus
pacifique que les Mongols ?
D'autres peuples d'Asie, comme les Indonésiens, furent ensuite
convertis à l'Islam par des Bengalis, mais non par une invasion
armée comme ils le subirent plus tard de la part des Portugais et
des Hollandais. Les Bengalis le firent par de vrais missionnaires, le Coran
dans une main, la balance de marchand dans l'autre. Dès le XIVe
siècle, les Indonésiens convertissaient à l'Islam
par la même méthode les peuples des Philippines. Il en fut
de même en Afrique, où de grands empires islamiques virent
le jour de cette façon. Un dynamisme vécut partout, même
s'il ne prit pas ses racines par les armes.
Jusqu'à l'époque moderne, notre civilisation
fut souvent violente. Quand les hordes d'Hellènes, nos ancêtres, déferlèrent
à travers les plaines de Thessalie, leur arrivée :
"se termina par des destructions et des incendies qui marquent
le passage de l'envahisseur. Les chefs d'une minorité guerrière
s'établissent au milieu des pré-hellènes, et ce fut,
sur le moment, pour l'Hellade, une rupture complète avec le passé."(1)
Le "passé" de la brillante civilisation égéenne
qu'ils détruisirent (2). Ce fut cela l'extrait de naissance
de notre civilisation, et non le Miracle Grec qui suivit. Ce furent les
incendies des Palais égéens qui allumèrent le flambeau
de notre civilisation et non Platon ou Aristote. Depuis lors et jusqu'à
l'aboutissement à Auschwitz de notre prétendue "mission civilisatrice",
nous ne nous étions pas assagis, comme les autres peuples conquérants
après leur "crise de croissance", disons leur maladie infantile.
Des hommes prétendus "spirituels" parmi nos anthropologues d'antan
clamèrent jadis sentencieusement que "Les Nègres sont des
enfants qui ne grandiront jamais". C'est cependant nous qui avons mis longtemps
à guérir de notre "maladie infantile".
Un autre point (entre autres) qui distingue notre civilisation
de celle de l'Islam est le fait, par exemple, qu'en Tunisie et Algérie,
leurs habitants - chrétiens pour la plupart avant l'arrivée
des Arabes - se convertirent à l'Islam non seulement parce qu'ils
étaient ainsi exemptés de la Djizya (impôt de capitation
comme chez les Romains), mais surtout parce que l'Islam fut pour eux une
délivrance de l'oppression que leur faisaient subir leurs coreligionnaires
de Byzance. Ils avaient été chrétiens "hérétiques"
Donatistes ; cette "hérésie" avait été le recours
le plus commode qu'ils aient trouvé pour se défendre contre
le joug Byzantin. Cette situation se reproduisit au XVe siècle
dans les Balkans chez les chrétiens Bogomiles (cousins théologiques
des Albigeois), et au Proche Orient avec les Monophysites, les Nestoriens
et autres chrétiens que l'Islam libéra du joug de l'Empire
Romain de l'Est. Ces peuples ex-chrétiens, islamisés, au
retour de la domination chrétienne sur leurs terres, préférèrent
rester musulmans. Non que la religion de Mahomet soit meilleure que celle
du Christ, mais parce que les Européens, dans l'ensemble, n'ont
la plupart du temps pas servi le Christ, mais au contraire, s'en sont servis !
Beaucoup de chrétiens le reconnaissent aujourd'hui.
Pour conforter ce que nous venons de dire, il faut remarquer que les
victoires éclair des Arabes contre l'Empire Byzantin ne se produisirent
que sur des territoires "hérétiques" à l'"Orthodoxie"
byzantine, et que lorsqu'ils s'attaquèrent par contre à la
capitale, ils furent obligés de faire demi-tour. A sa naissance
l'Islam battait les Byzantins partout lorsqu'il s'attaquait à des
territoires dont les peuples attendaient des libérateurs. Les armées
du Khalife Omar I y furent partout reçues en libératrices.
Il n'était pas rares de voir des cas comme celui du 20 août
636 en Syrie opprimée, où durant une bataille entre une grande
armée byzantine organisée à la romaine et une bien
moins grande arabe composée plutôt de bandes guerrières,
les Byzantins furent littéralement écrasées. "Miracle" ?
Non ! Douze mille Arabes chrétiens de l'armée byzantine
d'Héraclius I, persécuteur de Juifs et d'hérétiques,
passèrent avec armes et bagages à l'ennemi. De la même
façon, le Patriarche Copte d'Alexandrie livra sa ville aux Arabes
sans résistance, ses habitants chrétiens se montrant indifférents
à son sort. Comme écrit avec beaucoup de bon sens Ernest
Renan :
"C'est dans un sens général et comme vérité
historique qu'il est permis de dire que l'intolérance de l'orthodoxie
constantinopolitaine, chassant de l'Eglise les sectes syriennes, posa la
condition fondamentale de l'Islam, ces sectes chassées dans les
contrées limitrophes de l'Arabie ayant fourni au nouveau mouvement
religieux des éléments essentiels et de nombreux adhérents."(3)
Après le Proche Orient, ce fut le tour de l'Afrique
du Nord, le pays où Saint Augustin, deux siècles avant Mahomet,
fit appel au bras séculier du Tribun Marcellinus, pour sévir
contre les "hérétiques" Donatistes. Ceux-ci l'en remercièrent
en se convertissant dès l'arrivée de l'Islam. Passée
l'ère des conquêtes, les porteurs de yatagans devinrent des
porteurs de Culture chez les peuples qui en manquaient - comme en Europe
Occidentale. Depuis Haroun Al-Rachid et Al-Mamoun, ils sauvèrent
l'hellénisme condamné à mort par l'Eglise de Byzance
et son Maître ISAPOSTOLOS (4). Ils ne se contentèrent d'ailleurs
pas de le sauver, mais avec la collaboration des Juifs de toutes les terres
islamiques et des peuples du Proche Orient, de l'Asie et du Maghreb, ils
l'enrichirent et l'élevèrent à un niveau supérieur.
C'est cette Culture enrichie qu'ils transmirent à l'Occident via
Tolède et al-Andalous.
L'Islam porteur de Culture, ce "Kulturträger" comme
disent les Allemands, n'était plus arabe dans le sens ethnologique
du terme, tant l'universalisme avait posé sur lui son empreinte (5).
C'est cet universalisme qui, de l'Océan Atlantique aux îles
Philippines en passant par Damas et Samarkande éclipsa le rôle
des Arabes proprement dits.
Soulignons encore que, d'avoir sauvé l'hellénisme
des mains de ses naufrageurs byzantins et de l'avoir transmis à
l'Europe pour sortir celle-ci de son long sommeil, cela ne veut pas dire
que la Culture islamique soit simplement un hellénisme arabisé.
La contribution des autres peuples islamisés n'a pas non plus effacé
la tradition des civilisations arabes préislamiques. Les peuples
des Reines de Saba et de Palmyre n'étaient pas que des vulgaires
"pilleurs de caravanes" avant Mahomet - comme prétendent certains.
Un autre Mythe qu'on répand au sujet de l'hellénisme transmis
à l'Europe Occidentale est celui
"des savants Byzantins fuyant leur pays au moment de la prise
de Constantinople par les Turcs, amenant dans leurs bagages les Lumières
de Byzance et de l'Hellénisme".
Ces "grands savants" se perdaient plutôt en discussions
sur le sexe des Anges…
Les Arabes pré-mahometants n'étaient en aucune
façon de simples pilleurs de caravanes, comme à la même
époque leurs homologues brigands de grands chemins l'étaient
en l'Europe. La plus noble de leurs professions était le commerce
de marchandises, qui, en tous temps et tous lieux dans l'Histoire de l'Humanité,
fut le frère jumeau du commerce des idées.
Les Arabes sont les premiers responsables de cette mauvaise réputation
que fit de leurs ancêtres l'Europe, depuis les Croisades principalement.
Dans leur enthousiasme pour la religion que leur donna leur Prophète,
ils appelèrent Jahiliya (Ignorance), tout ce qui existait parmi
eux avant Muhammad. Ils n'étaient pas de "primitifs Nomades" mais
les hommes du Pays que les Hellènes - avec lesquels les Arabes échangeaient
des marchandises et des idées - appelèrent "Eudaimon Arabia"
(heureuse Arabie), Eudaimon, qui donna son nom au port yéménite
ADEN. Les Romains qui tentèrent en vain de subjuguer leur pays en
envoyant Aelius Gallus en 25-24 avant Jésus Christ, l'appelèrent
aussi heureuse Arabie (Felix Arabia). Il s'agissait du Sud de l'Arabie,
du prestigieux royaume de la Reine de Saba qui avait comblé le Sage
Roi Salomon lorsqu'elle arriva à Jérusalem pour éprouver
sa sagesse,
"Avec une suite fort nombreuse, et avec des chameaux portants
des aromates, de l'or en très grande quantité (6) et des
pierres précieuses."(1Rois, X-2)
Mais déjà bien avant la Reine de Saba et le
Roi Salomon, les Arabes Minéens faisaient du commerce de marchandises
et d'idées avec la Chine et les Indes, pour les transmettre à
l'Égypte des Pharaons et à la Mésopotamie. Dans le
Coran (Sure XXXIV, Versets 14-18) Mahomet mythologise le cataclysme qui
détruisit la capitale des Minéens Marib, et par là
la civilisation arabe qui avait précédé la
Reine de Saba, dont la Dynastie succéda au Cataclysme.
Les expéditions scientifiques ont démythologisé
l'Arabie du Sud en découvrant de grandioses vestiges de son passé.
Dans les années 1950, des expéditions (américaine
sous W. Phillips et belge sous G. et J. Ryckmans) découvrirent des
ruines impressionnantes datant du deuxième millénaire avant
Jésus Christ : de grands Temples, des Aqueducs, des Digues, tous
témoins de la civilisation qui y avait existée avant la Reine
de Saba.
C'était là les Arabes du Sud. Cinq siècles
avant Jésus Christ, les Arabes du Nord, les Nabatéens qu'on
appela plus tard Sarrasins, avaient fondé une brillante civilisation
avec pour capitale PETRA (ville morte aujourd'hui), partenaire commerciale
des Gréco-Romains. Les Nabatéens ayant eu le malheur de sympathiser
avec leurs frères Juifs contre les Européens Romains destructeurs
du Temple de Jérusalem en 70 et responsables du suicide des Zélotes
en 73 à Massada(7) furent punis par ses derniers par la perte de
leur Indépendance en 106, consommée par les Légions
de Trajan. Le tout fut couronné pour les Arabes par la destruction
du dernier de leurs royaumes, celui de Palmyre, par Aurélien, en
273, avec la fin tragique de leur Reine Zénobie.
La comparaison entre la civilisation occidentale et l'Islam
ne doit pas se faire entre la valeur théologique du Coran d'une
part et des Évangiles de l'autre, mais entre les différentes
façons dont ces deux Livres furent respectivement interprétés.
Deux siècles s'étaient à peine écoulés
depuis les Visions de Mahomet que les "Nomades du désert" fondaient
à Bagdad la "Maison de la Sagesse" (Bait-al-Hikma). Ce fut un centre
de Renaissance de l'hellénisme qui joua pour l'Islam le rôle
qui quelques siècles plus tard échoua à Tolède pour
transmettre la même Sagesse à l'Occident. C'est au début
du IXe siècle à Bagdad qu'eut lieu la véritable
Renaissance, qui permit sept siècles plus tard à François
1er de marcher sur les pas d'al-Mamoun en inaugurant le Collège
Royal (aujourd'hui Collège de France). Auparavant, par contre, mille
ans après la Vision de Saint Paul, le Vicaire du Christ à
Rome, Sylvestre II, se plaignait qu'
"à Rome personne ne possède une instruction suffisante
pour faire un huissier."
Comme une exception à la règle de l'Europe d'alors,
ce Pape était un homme de haute culture. Ce qui lui avait valu de
passer pour un "sorcier", un "suppôt du Satan". Ses fils en Jésus
Christ le jugeaient pour tel parce que,
"...son étonnant Savoir était suspect au point
qu'on le prenait pour un maître Sorcier qui avait vendu son âme
au Diable..., un modèle historique pour Doktor Faust"(8)
écrit l'historien allemand Johannes HALLER. Les quelques
rares lettrés que possédait alors l'Europe, elle les devait
aux traductions du Savoir arabe qui lui venait d'au-delà des Pyrénées.
Les traductions qui se faisaient à Tolède systématiquement
par des Juifs arabo-latinisants appelés en sa capitale par
Alfonso le Sage (9) ainsi que les traductions des Juifs de Narbonne
et de Provence, furent l'école maternelle de l'Europe.
Du temps où l'on accusait le Pape Sylvestre II
d'avoir vendu son âme au diable parce qu'il était un homme
cultivé, on interprétait l'Évangile du Doux Jésus
de Nazareth, à Rome, en coupant la langue et en arrachant les yeux
du Pape Jean XVI, pour finir par le promener après ce supplice, mutilé,
dans les rues de Rome assis à l'envers sur un âne (10). Il
fut ainsi puni de n'avoir pas compris le rôle d'obéissance
de Dieu à César auquel l'Homme Européen avait assigné
l'Église du Christ. Car jamais I'Enseignement de Jésus de
Nazareth de "donner à Dieu ce qui est à Dieu et à
César ce qui est à César" fut pris par les Européens
autrement que comme une figure de rhétorique.
Ce qui se passait alors dans la ville de Saint Pierre
- et ce n'était pas un cas isolé - , ce qui se passait dans
la Capitale spirituelle de l'Europe, était comme un écho
à ce qui se passait couramment à Byzance. Dans la "Rome de l'Est",
huit siècles après le supplice que les Romains infligèrent
au Christ, une "mère", l'Impératrice Irène, faisait arracher
les yeux de son fils Constantin VI, "dans la Porphyra même où
il avait vu le jour"(11) vingt sept ans auparavant. En fait d'yeux, elle
voulait surtout lui arracher le Pouvoir et prétexta défendre
l'adoration des IMAGES du Christ et de ses Saints.
Qu'on nous épargne donc du Mythe du "christianisme
adoucissant les moeurs des barbares", quand c'est le contraire qui
se produisit par la germano-romanisation du christianisme. Par contre,
prenons comme exemple ce peuple dont on nous a toujours enseigné
qu'il fut des plus cruels, LES MONGOLS : les mêmes Mongols
que des Papes et des Potentats du monde chrétien - comme
Saint Louis - voulurent utiliser pour qu'ils exercent leurs cruautés
sur les Musulmans. Les peuples des Gengis Khan et Tamerlan dont les cruautés
furent épargnées à l'Europe grâce à l'Islam
(Sultan Bayajid Yildirim le paya de
sa vie) qui fut un Rempart pour les maintenir en Asie, finirent par
se convertir à la religion musulmane à laquelle ils avaient
fait tant de mal. Mais ces peuples terribles, une fois convertis à
la religion de Muhammad ne "mongolisèrent" pas l'Islam. Ils se civilisèrent
à un tel point que, le descendant du même féroce Tamerlan,
BABAR, fonda une Dynastie aux Indes, qu'aucune autre de l'Histoire de l'Humanité
ne pourrait s'enorgueillir d'égaler en matière de Monarques
cultivés. Si nous faisons exception du fanatique Aurangzebs, alors on peut affirmer que
du fondateur de la Dynastie, Babar, en passant par le grand Akbar, et jusqu'au dernier de la
lignée Bahadur Shah Il - qui était plus poète et artiste
que Monarque -, l'Empire des Grands Moghols vécut sous la conduite
de Shahs plus amants des Muses que de Mars. Ce ne fut qu'à l'arrivée
des Vandales, les marchands d'épices du Portugal suivis des Quincailliers
de Birmingham, que les Muses furent remplacées par la soldatesque.
Mongols et Hindous, après les premiers chocs, coexistèrent
et s'apprécièrent mutuellement par le respect des uns pour
la civilisation des autres. Très nombreux furent les Grands Moghols
dont les mères ou grands-mères avaient été
esclaves du harem ou princesses radjpoutanes, filles de Rajahs vaincus
ou voisins. Mais cela ne dura que jusqu'à l'arrivée des vrais
barbares, les Européens. Ces barbares surent si bien se camoufler,
que tout le monde se trompa en les prenant pour des hommes d'une "civilisation
supérieure" à celle qu'ils trouvèrent en arrivant
aux Indes. Notre civilisation était-elle vraiment "supérieure"
alors qu'elle a amené le béribéri et la tuberculose
dans les emballages de ses machines à glacer le riz - aliment de
base des peuples asiatiques, lequel, glacé, devenait de l'amidon
sans valeur nutritive. Nos "civilisés" détruisirent le mode
de vie naturel des peuples des Indes, au bénéfice de l'industrialisation
de l'Europe, et uniquement dans ce but !
Si les Afro-Asiatiques n'avaient pas donné de leçons
à Pythagore - et à Platon, et avant Platon à l'Ionie
toute entière - , s'ils ne nous avaient pas transmis leurs CHIFFRES
- leur Zéro surtout - par l'intermédiaire des Arabes (qui
nous les servirent à un niveau supérieur), nous n'aurions
pu ni commettre Hiroshima, ni Nagasaki, ni suspendre sur le Globe Terrestre
une épée de Damoclès en technique de destruction.
On dit qu'un esprit sain a besoin d'un corps sain pour
s'y loger. Serait-ce que nous avons le corps bien malade pour avoir créé nos "Armes
Totales" ? Je crois que l'Europe et l'Amérique du Nord sont peuplées
par un peuple resté par certains égards primitifs malgré
ses ordinateurs et ses présomptions, un peuple qui a besoin
de l'aide des industriellement sous-développés pour sortir
de l'état dangereux auquel son individualisme l'a amenés.
L'aspect primitif des Européens que je soulève se trouve dans
une particularité dont nous sommes fiers : celui des "Libertés
individuelles". Nous sommes individualistes, mais d'où provient cet
individualisme ?
Nous nous plaisions à traiter de "primitifs" tous
les peuples dont le mode de vie est différent de celui du "monde
civilisé ". Que signifie l'expression peuples primitifs quand elle
ne doit pas être mise entre guillemets ? Les peuples, je crois, qui
ne se sont pas encore débarrassés de leurs instincts primitifs
dont le pire est l'individualisme, c'est à dire l'instinct de domination
qui animait les hommes avant qu'ils ne se mettent à vivre en société.
Tous les peuples de la Terre évoluèrent
depuis leur état initial et, se débarrassant plus ou moins
de leur individualisme, se sont réunis pour vivre en société.
L'Européen s'est pourtant groupé en une société
si hautement développée qu'elle lui permet aujourd'hui de
mettre les pieds sur la lune. Mais de notre individualisme primitif non seulement
nous ne nous sommes pas correctement débarrassé, mais nous nous en faisons
même une gloire.
Nous avons des exemples de l'individualisme européen.
En faisant de l'Angleterre le berceau des Libertés Individuelles,
il y fut en fait établi la liberté de mettre les autres en
esclavage génocide comme l'Histoire de l'Humanité n'en avait
jamais connu. Il y eut durant la Traite des Noirs quatre fois plus de Négriers
anglais que parmi TOUTES les autres nations de l'Europe réunies (12).
Les Anglo-Saxons se firent les meilleurs Tueurs d'Indiens, les plus
cruels des Pirates contre leurs concurrents, et les champions de la Traite
des Noirs qui coûta aux peuples d'Afrique 200.000.000 de leurs enfants.
"Du 'capitalisme' il y en a eu en Chine, aux Indes, à
Babylone, dans l'Antiquité et au Moyen Âge, mais il lui manquait
cet Ethos particulier..."(13)
L' "Ethos particulier" du nôtre ! Notre commerce fut
développé par une classe marchande née avec les Croisades.
Cette classe n'a pas eu peur de répandre le sang pour faire de bonnes
affaires. Le sang des Juifs et des Arabes pour commencer, celui des Amérindiens
ensuite, puis celui des Africains, celui des Asiatiques, du sang de partout.
Nectar pour son Dieu le Veau d'Or. Les Croisés n'étaient
pas des marchants. Toutefois depuis les croisades les rois et princes féodaux
régnaient, mais l'Argent gouvernait aussi.
Avec le début des croisades, ce fut la fin de l'ère
où on échangeait un mouton contre une paire de chausses.
Dorénavant on vendrait des moutons contre de l'argent, et
achèterait avec cet argent tout ce qui est à vendre. Avec
l'effondrement de l'Empire Romain s'était en même temps effondré
une société marchande héritée de l'Antiquité,
pour faire place au sommeil féodal de la circulation des marchandises.
Réveillée vers les Xe-XIe siècles,
la nouvelle société marchande n'était plus composée
de Romains civilisés par les Hellènes (et ces derniers par
l'Orient), mais des "selfmades" ouest-européens, des individualistes.
Il faut nous dépouiller de notre narcissisme, qui nous a fait
croire longtemps que nous sommes la seule civilisation digne de ce nom,
pour nous rendre compte, enfin que notre capitalisme - pas comme les
autres - a été perverti par un primitif instinct de domination.
Y a-t-il espoir que l'Homme Européen arrive un
jour à se débarrasser de l'instinct de domination qui prend
source dans son individualisme ? Nos racistes "anthropologues", pour justifier
le colonialisme des Cecil Rhodes - Jules Ferry - Léopold II, clamèrent
que "Les Nègres sont des enfants qui ne deviendront jamais grands".
Très spirituel ! Mais les "Nègres" se sont débarrassés
de leurs instincts primitifs des milliers d'années avant qu'on fasse
incursion chez eux comme des Vandales. Parviendra-t-il jamais l'Homme Européen
à grandir un jour ?
Les Arabes, fondateurs de l'Islam, n'empruntèrent
pas son Éthique à l'Hellénisme - ils avaient bien
mieux dans ce domaine (14) - mais sa science. Ce ne fut pas Homère
et sa glorification de la Ruse, de la Violence et de la Vengeance, mais
Pythagore, Euclide, Aristote et SURTOUT Hippocrate qui ont intéressé
le monde arabe.
BASILE Y.
Sommaire
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1/. G. Glotz, LA CIVILISATION ÉGÉENNE, Albin Michel 1937,
page 48.
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2/. Comme plus de trois mille ans plus tard leurs cousins Godos (les
Wisigoths d'Espagne) détruisirent comme des Vandales la grande
civilisation des Incas et l'Empire de Moctezuma.
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3/. E. Renan, MÉLANGES RELIGIEUX ET HISTORIQUES, Calman-Levy
1928, p. 218.
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4/. Titre donné à l'Empereur de Byzance. En grec "égal
à Apôtre".
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5/. Contrairement à la civilisation occidentale qui fut raciste
et nationaliste, tout homme converti à l'Islam devient un frère,
quelle que soit son origine raciale ou ethnique. C'est ainsi que tout Musulman
était aisément confondu avec un Arabe et considéré
comme tel, comme le furent le Persan Avicenne, le Scythe Rhases, le Kurde
Saladin.
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6/. L'or était très apprécié par le fervent
religieux Salomon pour l'ornementation de son Temple. Les navires de son
allié le roi de Tyr, Hiram, allaient le chercher à "Ophir".
Cette façon de manifester sa ferveur religieuse se rencontre aussi
au sein d'une civilisation comme celle des Incas où l'Or n'avait
absolument aucune valeur marchande.
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7/. Les Juifs se trompent concernant le "Complexe de Massada". Ce complexe
ne devrait pas viser les Arabes. Depuis l'an de grâce 73 il y a eu
de très nombreux Massada. Ils eurent lieu en Rhénanie, à
Londres, à Paris, à Varsovie, à Moscou, à Kiev,
etc. etc. la liste est trop longue. Il n'y a jamais eu de Massada chez
les Arabes ! Ils n'ont jamais eu lieu que chez les Européens.
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8/. Johannes Haller, "DAS PAPSTUM, IDEE UND WIRKLICHKEIT", éditions
RoRoRo 1965, Band II, page 163.
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9/. Roi Savant, auteur des tables d'astronomie, les "tables alfonsines".
Élève des Arabes, comme Sylvestre II.
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10/. Johannes Haller, "DAS PAPSTUM, IDEE UND WIRKLICHKEIT", éditions
RoRoRo 1965, Band II, page 162.
Retour ^
11/. Louis Bréhier, VIE ET MORT DE BYZANCE, Albin Michel 1969,
page 88.
Retour ^
12/. J.S. Redding, THEY CAME IN CHAINS, New York 1950, page 17.
Retour ^
13/. Max Weber, DIE PROTESTANTISCHE ETHIK, éditions Siebenstern
Verlag, München-Hamburg, 1969, Band I, page 43.
Retour ^
14/. Par exemple la UMMA, communauté des croyants entre lesquels
doit régner égalité, solidarité et fraternité
en dehors de tout critère racial ou national. Cette communauté
est élargie même au-delà des schismes religieux.
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