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INDIENS ET BARBARES
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II. 2/. LE DRAGON ANGLE EN AMÉRIQUE DU NORD :
a) Dès la naissance de la Nation Américaine...
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"Le clou de cette campagne de nettoyage eut
lieu près de Denver en 1864 lorsque le colonel J.W. Chivington,
ancien ministre, conduisit une force armée contre le village Cheyenne
de Black Kettle, qui devint la bataille de Sand Creek. Les Cheyennes exécutaient
une danse religieuse et ne s'attendaient pas à l'attaque. Il était
facile à la troupe d'effacer ce village de la face du Monde. Chivington
ayant surpris un de ses soldats essayant de cacher un petit garçon
Cheyenne, rappela à ses hommes que 'LES LENTES DEVIENNENT DES POUX'.
Ces mots devinrent célèbres parmi ceux qui combattaient les
Indiens et parmi les colons de l'Ouest Américain."(1) |
Les pionniers avaient décidé de faire disparaître
les "Poux" jusqu'à leurs "Oeufs", parce qu' "on voulait les territoires
des Indiens, mais on les voulait libres d'Indiens, comme s'il n'y avait
aucun êtres humains qui les habite."(2) Ce fut la différence
la plus importante entre le Dragon Wisigoth (les
conquistadores espagnols)
et le Dragon Angle. Les Anglais décidèrent l'extermination
systématique et froide dès l'Indépendance (4 juillet
1776). Les conquistadores faisaient mourir les Indiens en les affamant
et exténuant au travail. Le Dragon Wisigoth, incarné par
les conquistadores, n'était qu'une petite partie de la nation espagnole,
tandis que le Dragon Angle, ce fut la nation américaine toute entière.
Avant de relater les crimes il est utile de rappeler les origines de cette
nation plurinationale, prolongement de l'Europe, refuge d'honnêtes
gens persécutés par l'intolérance européenne,
et en même temps rendez-vous d'aventuriers assoiffés d'or.
En fait, nos cousins germains - ils sont le portrait fidèle de l'Europe,
aux traits à peine plus accentués.
J'ai emprunté le nom de Dragon Angle au vocabulaire
de ceux qui me sont sympathiques, les Chicanos, ces 6.000.000 de "citoyens"
des USA d'origine mexicaine, vivant sur leurs terres ancestrales, arrachées
à la patrie mexicaine, et qui furent méprisés par leurs envahisseurs
dont l'élite se nomme fièrement WASP "white anglo-saxon
protestants". Ces WASPs ont concocté d'innombrables péjoratifs
pour manifester leur mépris de "race supérieure" envers les
Mexchicanos. Les Chicanos, par contre, ont pensé que le seul mot
Anglo était largement suffisant pour rendre la politesse à
ceux qui les méprisaient.
L'histoire anglo-saxonne est parsemée d'évènements
particulièrement violents. Avant d'être protestants les Anglo-Saxons
furent catholiques; avant d'être catholiques ils furent les fils
du dieu Woden (Odin). C'est au nom de ce dieu qu'ils arrivèrent
aux Iles Britanniques depuis leur Basse-Saxe, et firent ainsi leur apparition
sur la scène de l'Histoire. Ils commencèrent par y commettre
des ORADOUR-SUR-GLANE, enfermant les Britanniques dans leurs Eglises et
y mettant le feu :
"Les prêtres étaient abattus sur leurs Autels
; les Églises incendiées, les paysans, chassés par
les flammes, ne pouvaient plus que se jeter sur l'impitoyable acier. C'est
ce spectacle qui distingue la conquête des Iles Britanniques de celles
des autres provinces de Rome. La conquête de la Gaule par les Francs
et de l'Italie par les Lombards constitua un peu plus qu'un établissement
par la force de l'un ou de l'autre de ces conquérants au sein de
sujets tributaires."(3)
Aucun peuple germanique (Francs, Lombards, Wisigoths) ne fut
plus cruel dans ses conquêtes que les Anglo-Saxons. Si l'esclavage
qui était au Moyen Âge en Europe, comme partout ailleurs,
une institution sociale, évolua à la Renaissance en génocide,
la conception anglo-saxonne de la liberté du seigneur y a
peut-être joué son rôle. Déjà en Basse-Saxe
"son seigneur pouvait l'abattre (l'esclave) s'il le voulait, car il n'était
ni plus ni moins que du cheptel"(4). Toujours est-il que :
"Il y a eu quatre fois plus d'esclaves africains transportés
sur des navires britanniques que sur les bateaux de toutes les autres nations
réunies."(5)
La grande Reine Elisabeth I elle-même était le
principal actionnaire dans les compagnies qui pratiquaient le trafic de
chair humaine (6) en plus de la piraterie, du pillage des colonies espagnoles
accompagné du massacre de femmes et d'enfants de colons ou d'Indiens :
"Ainsi, voyage après voyage, parmi lesquels les membres
du conseil de la Reine et même la Reine elle-même investissaient
de l'argent, Hawkins et d'autres marchands (d'esclaves) anglais poursuivaient
leur odieux trafic, kidnappant des Noirs d'Afrique."(7)
Mais si les Anglo-Saxons furent les champions de la Traite
des Noirs, il n'en est pas moins vrai que chez eux il furent les
inébranlables champions de toutes les libertés... dont l'homme
libre eut besoin pour mettre les autres en esclavage. L'Angleterre fut malgré
tout le berceau de nos libertés en Europe.
Ces vilaines choses rappelées, il faut reconnaître
que les Anglo-Saxons ne sont devenus le Dragon Angle pour les Peaux-Rouges
qu'à partir du moment où ils renièrent leur Mère
Patrie, le 4 juillet 1776, jour de 1'INDEPENDENCE DAY, et devinrent des
Américains. Auparavant, les massacres se faisaient à l'échelle
artisanale - à l'exception de l'écrasement de l'Insurrection
des Indiens de Pontiac en 1764.
La colonisation des terres "anglaises" en Amérique
avait commencé d'abord lentement, par l'envoi de condamnés
de droit commun, et de paysans d'Écosse "chassés par les
moutons" de leurs terres converties en pâturages. Ces paysans, devenus
des mendiants encombrants pour les villes d'Angleterre et d'Ecosse, furent
ramassés comme délinquants et expédiés "peupler"
le Nouveau Monde.
La chasse au Peau-Rouge à l'échelle artisanale,
était anglaise. Quinze ans après l'Indépendance, Henry
KNOX, ministre de la guerre de Washington, mit un point final à
son plan stratégique d'extermination systématique des Indiens.
On était maintenant des hommes libres ! sans entraves métropolitaines.
C'était en 1791, mais le projet avait été préparé
depuis la libération du frein relatif de la Mère Patrie anglo-saxonne.
Ce n'étaient plus des Anglo-Saxons, mais des Américains.
Libres et indépendants, ils avaient désormais la force armée
et la liberté totale pour débarrasser les terres de leurs
"sauvages", de ces "merciless Savage Indians" (Indiens sauvages
et sans pitié) comme les appelle officiellement la DÉCLARATION
D'INDÉPENDANCE du 4/7/1776 (8). La Couronne britannique s'opposait
à l'extermination systématique des Peaux-Rouges, quoiqu'elle
eut de la compréhension pour la "libération" (par le massacre
des femmes et enfants Indiens) des terres en Nouvelle Angleterre et le
refoulement des "sauvages" vers l'Ouest (To The WEST !), comme pour les
Pequots et les Wampanoags. C'est pour cela qu'au 19e siècle,
siècle de l'extermination radicale des Peaux-Rouges, pour échapper
au génocide, quand ils le pouvaient, les Indiens cherchaient refuge
au Canada voisin, resté colonie britannique. Il y avait, certes,
des Américains pour protester contre l'inhumanité des chasseurs
d'Indiens, mais ils étaient en Nouvelle Angleterre, là où l'on
s'était déjà débarrassé des "sauvages".
C'est en cette Nouvelle Angleterre qu'est né l'Américain,
le peuple du God Bless America. Pour rester aussi WASP que possible, la
loi EMERGENCY QUOTA ACT fut inventée pour exclure de l'immigration
le plus grand nombre de "métèques" - quand cette loi fut
promulguée, elle visait surtout les Juifs fuyant les pogroms russes
des Cent Noirs. D'après les manuels destinés aux lycéens en 1946,
cette loi aurait eu pour but de "préserver" le pays de l'affluence
d'immigrants "INÉLIGIBLES POUR LA CITOYENNETÉ"(9), c'est
à dire pour l'honneur d'être appelés AMERICANS. La
nation américaine n'est pas composée des seuls anglo-saxons,
mais d'européens en général. Chacune de ses familles
humaines a apporté sa qualité nationale dans ses bagages
d'immigrant, trié par 1'EMERGENCY QUOTA ACT. Cela fait que le Dragon
Angle ne fut pas purement anglo-saxon, mais américain. Tous les
comportements prédateurs que l'on trouve chez les "pacificateurs"
européens du 19e siècle en Afrique et en Asie,
tous se retrouvent donc dans le Dragon Angle.
Est-ce pour avoir l'honneur de partager le monopole du
nom d'Ameriggo Vespucci qu'il était difficile de devenir américain
? Les citoyens des États Unis sont les seuls à s'appeler
Americans sur les deux vastes continents des Amériques. Au Canada,
avec plus de 10.000.000 de km2 on s'appelle Canadien. Les citoyens
des ESTADOS UNIDOS DE MÉXICO s'appellent Mexicains. Les ressortissants
des ESTADOS UNIDOS DO BRASIL aux 8.500.000 km2 s'appellent Brésiliens.
Partout, dans les deux Amériques, chaque nation politique s'est donnée
un nom particulier qu'elle s'est choisi. Seuls les EUROPÉENS mades
in USA monopolisèrent le nom Amérique, quoique l'étendue
de leur territoire vienne après celle du Canada et du Brésil.
Est-ce le principe du "fardeau de l'homme blanc", sa généreuse (?)
tutelle des "peuples primitifs", qui dans l'idéologie de la "Manifest Destiny"
(10) fit une obligation à ce peuple élu par la Providence de prendre
en tutelle un jour tous les peuples d'Amérique, et se trouver
ainsi dans l'obligation à être seuls, en qualité de
tuteurs, à s'appeler AMERICANS ?
Signalons au passage que le mot AMERIQUE lui-même
fut une escroquerie intellectuelle majeure du XVIme siècle, donnant
le nom de Ameriggo Vespucci aux deux continents
(voir "Un imposteur donne son nom au continent").
Il ne faudrait naturellement pas en déduire que
c'est consciemment que les Américains donnèrent à
leur nation le nom d'un imposteur doublé d'un espion. Ils
honorent chaque année le nom de Christophe Colomb au Colombus Day,
le 12 octobre.
BASILE Y.
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1/. Robert Emmit, THE LAST WAR TRAIL, University of Oklahoma Press,
1954 et 1972, page 22.
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2/. Ruth Benedict, RACE, SCIENCE AND POLITICS, New York 1940, page
172.
Retour ^
3/. J.R. Green, A SHORT HISTORY OF THE ENGLISH PEOPLE, éditions
J.M. Dent, Londres 1952, vol. I, page 9.
Retour ^
4/. Idem, page 13.
Retour ^
5/. J.S. Redding, THEY CAME IN CHAINS, New York 1950, page 17.
Retour ^
6/. Charles & Mary Beard, A BASIC HISTORY OF THE UNITED STATES, The Blakiston Company,
Philadelphia 1944, pages 4 et 5.
Retour ^
7/. Edw.P. Cheyney, A SHORT HISTORY OF ENGLAND, éditions Ginn
& Co, New York 1927, page 356.
Retour ^
8/. "Il (le roi d'Angleterre) a excité parmi nous l'insurrection
domestique, et il a cherché à attirer sur les habitants de
nos frontières les Indiens, ces sauvages sans pitié, dont
la manière bien connue de faire la guerre est de tout massacrer,
sans distinction d'âge, de sexe ni de condition." (...alors que ce
comportement fut celui des anglo-saxons !)
Retour ^
9/. D.S. Muzzey, A HISTORY OF OUR COUNTRY (Textbook for High-School
Students), éditeurs Ginn & Co., Boston 1946, page 774.
Retour ^
10/. MANIFEST DESTINY : idéologie récurrente aux USA
depuis l'indépendance, affirmant que le
peuple américain est le peuple élu porteur de civilisation,
et qu'il lui a été donné une "terre promise" à
conquérir sur les Indiens comme celle donnée aux anciens
Hébreux.
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