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INDIENS ET BARBARES
oooooooooooo
II. 2/. LE DRAGON ANGLE EN AMÉRIQUE DU NORD :
b) Des Droits de l'Homme... réservés aux blancs.
La guerre d'Indépendance des États Unis ne peut pas être
considérée comme une Révolution à part entière,
alors que les Américains le prétendent. En effet, on lit
bien dans la Déclaration d'Indépendance que "tous les
hommes sont créés égaux" et aux "droits inaliénables",
mais considérer cette Déclaration comme une "naissance des
Droits de l'Homme", c'est admettre que les Indiens et les Noirs qui en
étaient exclus ne sont pas des hommes. C'est donc une farce d'attribuer
la genèse des Droits de l'Homme à la "Révolution"
américaine. Plus sérieusement, la naissance du principe des
Droits de l'Homme doit être attribuée aux pères dominicains
espagnols Bartolomé de Las Casas et Francisco de Vitoria, qui les
exprimèrent les premiers pour défendre les Indiens,
et nier à l'homme blanc le droit de mettre les autres peuples en
esclavage (1). Tout au contraire, la "Révolution" washingtonienne
entend par Droits de l'Homme des principes qui laissent le droit à
l'homme blanc d'exterminer l'homme rouge et de maintenir en esclavage l'homme
noir. En dehors de quelques Indiens qu'on accepta de laisser "vivre" pour
des recherches anthropologiques et de linguistique, ou pour le tourisme,
on a supprimé les Peaux-Rouges et maintenu en esclavage l'homme
noir au nom des "Droits de l'Homme" à l'américaine. On a
bien aboli l'esclavage près d'un siècle plus tard, mais était-ce
du pur altruisme ou ne gênait-il pas aussi le développement
industriel ? Pour preuve, on garda jusqu'au début du 20e
siècle les pratiques du juge LYNCH et la ségrégation
raciale.
Quand des hommes blancs, persécutés et misérables,
chassés de leurs pays par l'Intolérance ou la Faim, se créèrent
une patrie en des pays lointains, ils devinrent impitoyables et appliquèrent
un "ôte-toi-de-là-que-je-m'y-mette" envers les autochtones.
N'est-ce pas là un caractère inhumain de notre civilisation
avec absence de Morale ? Sommes-nous comme des animaux ? Lorsqu'on bat
un chien il devient méchant non pas envers celui qui l'a battu,
mais envers quiconque se met au travers de son chemin.
"Droits de l'Homme", "Arbres de la Liberté", plantés
par des esclavagistes "révolutionnaires", auxquels s'était
joint un autre "révolutionnaire", en fait un aventurier plein d'ambitions
de la noblesse française, La Fayette. Chassé de Paris par
une vraie Révolution, lorsque des paroles de Mirabeau on passa aux
actes et l'on abolit l'esclavage des Noirs aux Antilles. Abolir l'esclavage
aux USA par contagion ? Cela aurait été une catastrophe pour
les pères de la patrie washingtonienne (2). Pour eux les Jacobins
étaient le Diable. Les Fédéralistes "Pères
de la Patrie",
"sans retenue, injuriaient toute personne qui approuvait ou
refusait passivement de condamner avec assez d'énergie les procédés
de la République Française. Ils accolaient le terme de 'jacobin'
avec profusion et indistinctement à tout citoyen américain
qui sympathisait avec la France. Toute chose que les 'riches et bien nés'
n'aimaient pas était maudite dans les cercles respectables sous
le terme de jacobin."(3)
Bien qu'inspirée au départ par la "Révolution"
américaine, la Révolution Française a été
beaucoup plus loin et peut donc difficilement être comparée.
Le premier coup de feu de la Rébellion washintonienne contre la
Mère Patrie britannique, claqué sur le pont de Concord (Massachusetts)
en avril 1775 a bien eu des échos à l'identique, mais sans
traverser les Océans. Il est resté en Amérique chez
d'autres Rebelles à la Mère Patrie, les "Libertadores" comme
Bolivar qui chassèrent d'Amérique Latine un empire espagnol
décadent. Quand le Mexique par contre - libéré du
joug espagnol non à la façon des Bolivar mais par de vrais
révolutionnaires, ses Indiens même - a aboli l'esclavage,
la moutarde monta au nez de ses puissants voisins WASPs, planteurs de coton
en même temps que d'arbres de la liberté. Ils se mirent à
"libérer" le Texas en 1836, POUR Y RÉTABLIR L'ESCLAVAGE !!
Cet acte du "modèle"(?) américain des Révolutions se
termina en 1848 par l'amputation "démocratique"(?) de plus de la moitié
des terres mexicaines (du Texas à la Californie) afin de l'annexer
à la Patrie des droits de l'homme blanc à mettre en esclavage
l'homme rouge et l'homme noir. Cette conception WASP des droits de l'homme
consistait donc à en parler, mais à rétablir
l'esclavage dans les faits là où il avait été
aboli.
"Droits de l'homme" ? Tout est-il une question d'interprétation ?
Comme pour le mot "Révolution". Une vraie révolution est
un mouvement qui change les structures politiques et sociales d'une nation
pour plus d'équité. Cela n'a pas vraiment eu lieu lors de
la fondation des États Unis, après la RÉBELLION les
esclavagistes sont restés slaveholders comme sous le régime
colonial britannique, et les esclaves, "Niggers" pour ne pas changer. Un
siècle plus tard on commit la même exagération en proclamant
le Président Lincoln grand "abolitionniste de l'esclavage",
alors que lui-même eut la franchise de déclarer dans une lettre
envoyée au fondateur du NEW YORK TRIBUNE en 1862 :
"Mon objectif suprême est de sauver l'Union et non de sauvegarder
ou détruire l'esclavage. Si je pouvais sauvegarder l'Union sans
libérer un seul esclave, je le ferais ; si je pouvais la sauvegarder
en libérant tous les esclaves, je le ferais. Et si je pouvais le
faire en libérant quelques-uns et en laissant de côté
d'autres, je le ferais aussi."(4)
Abolir l'esclavage n'était qu'un souci relatif du Président
Lincoln. Sa préoccupation principale était de sauvegarder
l'Union entre esclavagistes au Sud, et industriels au Nord. Dans son souci
de sauvegarder l'Union entre Sudistes et Nordistes (5) et pour rassurer
les esclavagistes du Sud il déclarait :
"En ce qui concerne l'esclavage nous ne devons pas intervenir dans
les États où il existe, parce que la Constitution de notre
pays le défend, et le bien général ne demande pas
qu'on le fasse."(6)
Le "bien général" de l'homme blanc, de l'esclavagiste.
En 1844, le minuscule parti abolitionniste des USA ayant posé la
question de l'abolition de l'esclavage à l'occasion d'une élection
présidentielle, n'obtint que 65.000 voix sur 2.500.000 suffrages exprimés.(7)
Ces 2.435.000 électeurs qui votèrent pour le maintien de
l'esclavage n'étaient pas tous des planteurs esclavagistes. C'était
pour la plupart des "petits blancs" qui espéraient "grandir" et
devenir eux aussi un jour slaveholders.
Il n'y a naturellement pas eu que cette Majorité aux USA. Il
y eut aussi une noble Minorité, dont fit partie Mark Twain. Hélas !
Ce grand accusateur des crimes de l'homme blanc partout dans le monde
est présenté dans les manuels scolaires aux États
Unis et les dictionnaires du "monde civilisé" partout comme un simple
"humoriste". Est-ce vraiment amusant lorsque Mark Twain met en accusation
devant le Tribunal de l'Histoire Léopold II de Belgique, coupeur
de mains et de pieds de Congolais et coupable du meurtre de 15.000.000
d'Africains ? La seule fois où il utilisa un peu d'humour pour ce
sujet fut lorsqu'il écrivit :
"Il y a beaucoup de choses humoristiques en ce monde ; entre
autres celui de l'homme blanc qui croit être moins sauvage que d'autres
sauvages."
Manuel Langhorne Clemens en écrit d'ailleurs dans "Folowing
The Equator", et par "nous" il n'entendait pas que ses compatriotes, mais
nous tous :
"Dans beaucoup de pays nous avons mis le sauvage aux chaînes
et l'avons fait mourir de faim. Dans beaucoup de pays nous avons brûlé
le sauvage sur le bûcher, nous avons fait la chasse au sauvage, à
sa femme et à ses enfants, avec des chiens et des fusils. Dans beaucoup
de pays nous avons pris la terre du sauvage et fait de lui notre esclave
en le fouettant tous les jours, en brisant sa fierté."
BASILE Y.
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1/. En 1974, le secrétaire perpétuel de l'Académie
Nationale des Sciences du Mexique déclarait :
"Mon but est de saisir l'occasion du cinquième centenaire de
Fray Bartolomé de Las Casas pour mettre en relief sa figure de créateur,
ou au moins d'animateur de la reconnaissance des droits de l'homme. Un
hommage fut rendu récemment à Las Casas en France et en Espagne,
le reconnaissant comme père des droits de l'homme. Las Casas fut
le promoteur des LOIS POUR LES INDES" (voir les paragraphes
"Las Casas à la tête de la défense des Indiens" et
"Attitude de la Couronne d'Espagne") ", une revalorisation du droit des
individus. Ses polémiques furent l'expression d'une dynamique
au service de la défense d'un groupe humain envahi par un autre."
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2/. Washington avait stipulé sur son testament que les esclaves
Noirs de ses plantations devaient être affranchis ; le brave homme !
... mais seulement après sa mort et celle de sa femme. Vision d'homme
blanc, et pas seulement d'américain.
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3/. Charles & Mary Beard, THE RISE OF AMERICAN CIVILISATION, The
Macmillan Company, New York 1927-1947, vol. I, page 366.
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4/. Cité par F. George Kay, THE SHAMEFUL TRADE, A.S. Barnes
and Company, New Jersey 1968, page 164.
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5/. Les Nordistes, les YANKEES, industriels de la Nouvelle Angleterre,
supporters de Lincoln, étaient de sincères abolitionnistes
mais pas toujours par pur altruisme. Les emplois industriels demandent
une responsabilisation et une motivation des salariés que seule
l'association récompense par le salaire et punition par le licenciement
permettait ; ce qui demandait des hommes libres.
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6/. Charles & Mary Beard, THE RISE OF AMERICAN CIVILISATION, The
Macmillan Company, New York 1927-1947, vol. II, page 39.
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7/. Idem, page 38.
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