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INDIENS ET BARBARES
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II. 2/. LE DRAGON ANGLE EN AMÉRIQUE DU NORD :
e) Le bilan.
Les Sioux adoraient Dieu en dansant et chantant pour s'unir a Lui. "Shocking"
dirent nos "chrétiens" américains. Manque-t-on de respect
envers Dieu en dansant devant Lui ? La seule prière possible doit-elle
être à genoux comme faisaient Chivington, Custer, Sheridan,
Jackson et d'autres éminents "chrétiens" massacreurs d'Indiens !
Pour punir les Sioux de leurs soi-disant "profanations", on décréta
la peine de mort pour tout danseur de Ghost Dance. Les massacreurs étaient
tous de fervents et assidus lecteurs de la Bible Hébraïque,
ou Ancien Testament (1), mais ce qu'ils privilégiaient dans leurs
pieuses lectures était les passages dans lesquels sont décrits
l'art et la manière d'égorger des femmes et des enfants,
par exemple 2Samuel XV-3 et Nombres XXXI-17/18, non les passages des Saintes
Écritures où
"David et toute la maison d'Israël jouaient devant Jéhovah
de toute sorte d'instruments, et David, au milieu des réjouissances,
dansait de toute sa force devant le Dieu d'Israël".(2Samuel VI-5 et
15-14)
Les Juifs fervents dansent encore aujourd'hui devant JHWE.
Les vieux Nehibim hébreux dansaient en extase devant l'Éternel
(1Samuel X-5-6 et 2Rois III-15). Les prophètes de Baal à
Tyr dansaient (lRois XVIII-26). Les Derviches Musulmans adorent Allah en
dansant. La mythologie grecque faisait également danser les prêtres
de Cybèle, les Corybantes, devant leur patronne, déesse de
la Terre et mère du dieu de la Lumière Zeus ; Cybèle
était la "Magna Matter" des Romains. De même les Vestales
dansaient à Rome autour du Feu Sacré.
Et pourquoi ne pas danser devant Dieu ? Il est émouvant
de voir la fervente allégresse des Africains catholiques qui dansent
devant le Christ. Les Gitans de Séville, des plus fervents parmi
les chrétiens, adorent le Christ en dansant devant Lui. Les Indiens
du Mexique vont tous les 12 décembre devant la "Virgen de Guadalupe",
en pèlerinage, en marchant sur les genoux pendant des kilomètres !
Ils y arrivent, les genoux ensanglantés, avec des larmes dans
les yeux, et ils dansent alors, enivrés d'allégresse,
devant la Mère du Christ. Çiva dans la mythologie indienne,
crée le monde en dansant.
Revenons aux Sioux. Après les avoir "pacifiés"
on les jeta dans une fosse et on les couvrit d'immondices. Pour perpétuer
leur souvenir, au lieu d'avoir honte, quand on parle d'eux aujourd'hui,
on dit : "ruse de Sioux".
"Toutes ces guerres coloniales contre les Indiens furent poursuivies
avec une férocité désespérante. Les colons
blancs se surpassèrent en sauvage brutalité, massacrant en
masse des non-combattants, hommes, femmes et enfants, torturant les prisonniers
et les brûlant sur le bûcher."(2)
"THE SAVAGE MUST GO", les sauvages doivent partir, disparaître
et même leurs bisons. On avoue, même dans les manuels scolaires
américains, qu'on a détruit volontairement leurs bisons "desquels
ils dépendaient pour leur viande, leurs vêtements et leurs
tentes"(3). Et le professeur d'Histoire qui rédigea ce manuel
scolaire jadis trouvait tout à fait normal d'exterminer des bisons,
pour faire mourir les Indiens de Faim et de Froid, quand ils ne pouvaient
les atteindre par le fer et le feu. Après tout cela, comment justifier
encore que ce soient les Peaux-Rouges que l'on traitait de "sauvage" dans
la Déclaration d'Indépendance.
En fait, tout s'est déroulé entre deux Déclarations
officielles :
1/. Par ordonnance de la jeune République des États Unis
(1787),
"Le maximum de bonne foi doit être observée envers
les Indiens ; leur terre et leur propriété ne doivent jamais
leur être prises sans leur consentement."
2/. Quatre vingt dix ans après cette Déclaration solennelle,
une fois que l'extermination à 90% des Peaux-Rouges fut un fait
accompli, dans un message au Congrès des USA, le Président
R.B. Haynes déclara laconiquement :
"Beaucoup, si non la plupart, de nos guerres avec les Indiens
ont eu pour origine des promesses non-tenues et des actes d'injustice de
notre part."(4)
Belle consolation posthume ! On perpétua le souvenir
des Indiens en donnant leurs noms à des États ou des villes :
Dakota, Delaware, Ottawa, Wyoming, Sioux, Utah et autres, et même
à une marque d'automobiles.
Tout cela ne perpétua que le souvenir de l'ethnocide.
Quant aux descendants Indiens des survivants du génocide, ils vécurent
la commémoration des 200 ans de la date du Feu Vert pour la "pacification"
radicale, en compagnie des descendants des "pacificateurs". Le Bicentenaire
du 4 juillet 1776, de l'INDEPENDENCE DAY, fut fêté par un
gigantesque Carnaval :
"The Biggest in The World" (le plus grand du Monde), comme tout ce
qui se fait aux USA.
D'après Newsweek, 25.000.000 de citoyens des États
Unis ont été d'accord pour collaborer à l'organisation
de ce Bicentenaire, armés de toute la panoplie de leur folklore.
Rien n'y manqua. Ni les costumes de "chevaleresques" Cow Boys ni ceux des
"fourbes" Indiens. Mais les quelques Peaux-Rouges descendants des survivants
qu'avaient-ils à voir avec ces "Injuns" de Carnaval ? Que pouvaient-ils
commémorer, eux ? les Vols, les Viols, les Trahisons, les Massacres,
les Fourberies des criminels de guerre Sheridan, Custer, Chivington, Jackson,
Taylor, Harrison ? et j'en passe. Et les 6.000.000 de Chicanos qu'ont-ils
célébré ? La joie d'être traités par
les WASPs de "Greasballs" sur les terres arrachées à leur
patrie mexicaine en 1848 ? Et les "Niggers" ? Que pouvaient-ils célébrer ?
La victoire des esclavagistes Américains sur les marchands d'esclaves
Britanniques ?
En fait, toutes ces injustices sont l'oeuvre de ce qu'on
commémora au Bicentenaire. Car, en 1776, par "Droits de l'Homme"
on n'entendait que le droit des WASPs à exterminer les Peaux-Rouges
et à maintenir en esclavage les Noirs.
Tout cela est l'interprétation des droits de l'homme
que fit le Dragon Angle, célébrés maladroitement au
Bicentenaire, et ce n'est pas son traditionnel "GOD BLESS AMERICA" (Dieu
bénisse l'Amérique) qui y changera quoi que se soit.
BASILE Y.
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1/. Beaucoup se prénommaient et se prénomment Abraham,
Isaac, Jacob, Dav (David.), Sam (Samuel), "oncle Sam", Dan (Daniel), Ben
(Benjamin), malgré l'antisémitisme au grand jour hier et
larvé aujourd'hui.
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2/. J. Frost, "INDIAN WARS OF THE UNITED STATES", cité par William
Z. Foster, OUTLINE POLITICAL HISTORY OF THE AMERICAS, International Publishers,
New York 1951, page 25.
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3/. D.S. Muzzey, A HISTORY OF OUR COUNTRY, éditeurs Ginn &Co.,
Boston 1946,(manuel scolaire), page 459, note 1.
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4/. Charles & Mary Beard, THE RISE OF AMERICAN CIVILISATION, The
Macmillan Company, New York 1927-1947, volume II, page 131.
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